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 Sujet du message: Acteurs/Actrices
 Message Posté: 16 Avr 2009, 23:05 
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James Stewart : 1908-1997

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Maigre, extraverti, adolescent attardé, souvent bafouillant et gesticulant, James Stewart ne correspondait pas à l'idée préconçue du séducteur hollywoodien, ni même du bon comédien. Il fut pourtant adulé par la critique autant que par le public, et Kim Novak le désigna comme son partenaire « le plus sexy ». Père de famille tranquille, il fut l'une des rares superstars à ne donner naissance à aucun mythe. À l'écran, on le vit se battre pour ses idées, tout en demeurant réfractaire à toute idéologie : James Stewart, c'est la pure Amérique telle qu'elle se rêve, malgré la conscience progressivement douloureuse d'une utopie contrariée.

James Stewart naît en 1908. Il est l'aîné d'une famille de commerçants aisés d'Indiana (Penn.). Après un diplôme d'architecture, il rejoint Joshua Logan dans une compagnie théâtrale du Massachusetts, University Players. En 1932, il débute à Broadway et, en 1935, déménage pour Hollywood, où sont déjà installés ses anciens camarades Henry Fonda et Margaret Sullavan.

Le premier (petit) rôle de Stewart à l'écran est celui d'un journaliste, face à Spencer Tracy, dans Murder Man (Tim Whelan, 1935). Ce sera la profession qu'il interprétera le plus fréquemment, comme si la recherche de la vérité était inhérente à son image. Il tient des rôles secondaires auprès de vedettes de la M.G.M. (huit films en 1936, avec Jeanette MacDonald, Jean Harlow ou Eleanor Powell), et Margaret Sullavan l'impose comme partenaire dans un délicat mélodrame, Épreuves (Next Time we Love, 1936, d'Edward H. Griffith ; ils tourneront trois autres films ensemble). 1938 est l'année décisive, celle de sa révélation comme acteur de comédie, face à Ginger Rogers dans Mariage incognito de George Stevens et à Jean Arthur dans Vous ne l'emporterez pas avec vous, sa première collaboration avec le réalisateur Frank Capra. Il y joue le rôle d'un jeune héritier capitaliste, reniant son milieu grâce à la famille bohème et loufoque de sa fiancée. Ce tempérament candide mais frondeur, à l'encontre de toute forme de corruption, est à nouveau exploité par Capra dans Monsieur Smith au Sénat (1939), où son marathon oratoire final fait sensation.

Il alterne désormais avec succès les comédies et les drames, aux côtés de Claudette Colbert, Marlene Dietrich, Carole Lombard et, à nouveau, Margaret Sullavan, sa rivale professionnelle doublée d'une correspondante amoureuse dans le chef-d'œuvre doux-amer de Lubitsch The Shop around the Corner (1940). La même année, Stewart incarne le reporter éméché qui « dégèle » Katharine Hepburn à la veille de son second mariage, dans Indiscrétions de George Cukor, et remporte l'oscar du meilleur acteur.

Mobilisé comme pilote dès l'entrée en guerre des États-Unis, il revient à Hollywood en 1946, couvert de médailles. Créant un précédent, il refuse le renouvellement de son contrat avec la M.G.M. et devient free-lance. Désormais, il va choisir lui-même ses films avec discernement, n'hésitant pas à mettre son cachet en participation.

Après l'échec commercial immérité de La vie est belle de Frank Capra (1947), comédie fantastique dont la fêlure est apparente et qui restera son film favori, il perçoit la nécessité de modifier son registre de grand boy-scout naïf ; il n'y reviendra qu'occasionnellement, par exemple dans Harvey de Henry Koster (1950). Deux genres inattendus viennent alors enrichir sa palette : le film criminel (Call Northside 777 de Henry Hathaway, 1949) et le western (La Flèche brisée de Delmer Daves, 1950). Dans ces genres respectifs, deux grands cinéastes à l'apogée de leur art vont croiser sa trajectoire : Alfred Hitchcock, qui l'emploiera quatre fois (dont Fenêtre sur cour, 1954, et Sueurs froides, 1958), et Anthony Mann (huit films, dont Les Affameurs, 1952, L'Appât, 1953, et L'Homme de la plaine, 1955). Ces artistes n'hésitent pas à débusquer la névrose qui couve sous la plus rassurante normalité. C'est là le sommet de sa carrière ; désormais, le tourment, l'insécurité, la solitude, l'obsession vengeresse ou amoureuse sont des sentiments que Stewart sait faire partager au spectateur, dans sa quête inébranlable de justice ou de sérénité. Parallèlement, il interprète des biographies plus conventionnelles, où l'héroïsme garde cependant taille humaine : champion de base-ball dans Un homme change son destin (The Stratton Story de Sam Wood, 1949), jazzman dans Romance inachevée (The Glenn Miller Story d'Anthony Mann, 1954), aviateur dans L'Odyssée de Charles Lindbergh (The Spirit of Saint Louis de Billy Wilder, 1957).

Otto Preminger utilise à merveille l'évolution du comédien, lui donnant le rôle de l'avocat flegmatique mais acharné d'Autopsie d'un meurtre (1959), de même que John Ford, qui le confronte à Richard Widmark dans Les Deux Cavaliers, puis à John Wayne dans la plus ambiguë des élégies westerniennes, L'Homme qui tua Liberty Valance (The Man Who Shot Liberty Valance) 1962 dans rôle d'un avocat, Ransom Stoddard.

Par la suite, James Stewart ne retrouvera guère de films de cette envergure. Il reste néanmoins actif et extrêmement populaire pendant deux décennies, au cinéma comme à la télévision et même sur scène, où il reprend Harvey dans les années 1970. C'est encore le western qui lui offre ses meilleurs prestations tardives, faux bourreau dans Bandolero ! (Andrew McLaglen, 1968), médecin diagnostiquant le cancer de John Wayne dans Le Dernier des géants (The Shootist, de Don Siegel, 1976). Sa dernière apparition notable est le rôle du général Sternwood dans le remake, par Michael Winner, du Grand Sommeil (1978)..

Son dernier film comme acteur, en 1993 : Le grand détournement de Michel Hazanavicius.
Il meurt, le 2 juillet 1997 à Los Angeles

Source : Universalis

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